Sur quoi s’unir ?

Voici une courte présentation des sept motifs d’union, explicités dans l’essai « S’Unir pour l’Intérêt Général ».

I. S’unir sur un sentiment universel de fraternité : « Etreignez-vous millions d’êtres ! »

Cette injonction, c’est celle du texte de notre hymne européen qu’accompagne la célèbre neuvième symphonie de Beethoven. C’est un hymne à la joie et à la fraternité. J’entends que celle-ci doit être distincte de la famille, de la religion et de l’économie afin de nous garantir la plus grande indépendance et liberté. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la fraternité que je défends doit être portée en particulier par la pratique salutaire de la musique, de la danse et du théâtre. Ces trois arts représentent des outils privilégiés de développement de la personne et de son rapport à autrui. Pour la gestion des émotions, la maîtrise du corps, pour l’écoute, pour l’oralité, pour la relation aux autres et plus largement encore pour l’accès à une culture immense qui rapproche les êtres au-delà des frontières, la pratique de ces trois arts représente des sésames vers des espaces intérieurs et relationnels d’une richesse encore trop méconnue et d’une portée sociétale encore sous estimée. Ils devraient être enseignés et pratiqués obligatoirement de la petite enfance jusqu’à la fin du lycée.

II. S’unir sur une culture partagée et ouverte.

La culture comme ciment de la Société, comme expression de la liberté de conjuguer ces trois verbes qui nous caractérisent tant, un à un ou combinés par deux ou trois :  aimer, savoir et faire. Savante ou populaire, produisant des œuvres ou des manières d’être, notre culture est notre bien commun, notre espace d’arts et de sciences, d’art de vivre et de savoir-faire. Elle fait société et concerne tous les aspects de notre vie y compris lors de sa période d’activité professionnelle, qui représente moins de la moitié de notre temps de veille dans notre existence. La culture telle que je la défends ici doit bénéficier d’un politique plus ambitieuse et mieux répartie sur notre territoire métropolitain et ultra-marin, plus axée sur une pratique envisagée sur le long terme, plus ouverte sur les autres formes de culture au travers non seulement de l’enseignement mais aussi de la diffusion et plus à même de rayonner sur la scène internationale. C’est pourquoi je pense nécessaire de réunir les domaines de l’enseignement artistique assurés actuellement séparément par les collectivités locales pour l’enseignement spécialisé de la musique, la danse et le théâtre, avec l’enseignement général.

III. S’unir contre l’ignorance, la défiance, la menace et les attaques, pour notre indépendance et pour mieux nous protéger.

Les atroces dérives d’un lecture totalitaire des textes de l’Islam, à l’œuvre dans de nombreux pays, l’autoritarisme qui gagne en puissance en Turquie et en Russie, les menaces pour le commerce international et l’économie mondiale du protectionnisme américain à venir, le repli identitaire qui progresse en Europe et la défiance qui grandit envers ses institutions, sont autant de défis qui appellent à être à la fois confiants et déterminés. Confiants, car nous avons de belles valeurs humanistes à défendre, en particulier, et même si beaucoup reste à faire dans ce domaine, une place pour la femme égale à celle de l’homme, un état de droit fondé sur la séparation des pouvoirs, des institutions qui, si imparfaites soient-elles, protègent une culture qui n’est pas négociable. Déterminés car nous avons les moyens de notre défense à condition d’avoir un débat clair et serein sur les enjeux et les politiques à mettre en œuvre pour défendre nos intérêts dans la plus grande indépendance. Je suis d’avis que cela passe par une relance de la coopération avec le peuple allemand, pour une plus grande intégration de nos moyens de défense et de sécurité. Une implication plus forte de nos partenaires de l’UE dans ce domaine, un rééquilibrage du rapport avec l’OTAN, paraissent incontournables. La France ne peut supporter seule tout l’éventail militaire d’une dissuasion nucléaire et d’un potentiel de projection extérieure conventionnel de moyenne à longue durée. Le cadre de l’UE, et la coopération essentielle avec nos voisins britanniques, sont les seuls partenariats qui peuvent garantir la paix dans notre voisinage immédiat. Des efforts budgétaires, déjà actés depuis 2014 dans le cadre de l’OTAN, doivent être consacrés. Mais il faut aussi se soucier des dérives idéologiques intérieures. La radicalisation islamique qui peut avoir des causes multiples, idéologiques économiques ou psychologiques entre autres, doit être traitée avec la plus grande détermination. Y veiller déjà dans nos prisons, qui sont parmi les pires d’Europe. Plus largement la France doit pouvoir assurer aux français de confession musulmane d’être préservés des lectures totalitaires des textes, c’est à dire promouvoir la diversité de leurs interprétations compatibles avec les valeurs républicaines. Le soufisme, qui recours à la poésie à la musique et la danse, offre à cet égard une ouverture qui n’a pas été encore été suffisamment exploitée.

IV. S’unir sur une autre vision de l’économie 

Notre Société n’est pas pour de nombreuses raisons une société de consommation. Trop de différences qui tiennent essentiellement à la l’écart croissant de qualité et de degré d’information entre les entreprises et les consommateurs lui donnent plutôt un caractère de société de production, et même, compte tenu des modalités de production de masse et de la recherche de la maximisation des profits des grands groupes, un caractère productiviste. D’autre part notre commerce international ne fonctionne pas pratiquement sur la base des la théorie libérale qui suppose la rationalité des agents économiques, ce que les faits contredisent. Il est urgent de réguler cette économie de marché pour lui permettre de ne pas dériver avec les désastreuses conséquences que l’on connaît sur le plan social, celui de la santé et de l’environnement. Cela suppose une stabilisation du système monétaire international qui privilégie de manière illégitime le dollar, une transparence de l’élaboration des normes, et une efficacité de leur contrôle pour combattre les mauvaises pratiques.

V. S’unir pour consolider l’UE 

Sortir de l’euro ou de l’UE serait un désastre pour la France mais aussi, à plus ou moins brève échéance,  pour l’ensemble des pays membres qui sont nos voisins, partenaires et alliés. Une consolidation des institutions européennes, par la voie d’une Assemblée Constituante, afin de créer un parlement de la zone euro et un budget de la zone, une modification de la gouvernance, des statuts de la BCE tout cela afin de permettre de créer d’importantes marges de manœuvre pour régler le problème de la dette souveraine, notamment grecque, pour investir dans des projets d’intérêt général comme la transition énergétique, la recherche et développement, mais aussi une politique positive et dynamique en matière de natalité, d’immigration ou de mobilité professionnelle. Tout aussi essentiel, est de renforcer au sein de l’UE notre sécurité et notre défense.

VI. S’unir pour l’égalité des droits, l’égalité des chances, le respect de l’usage des règles, l’indépendance et l’efficacité de la justice.

Les écarts se creusent dans de trop nombreux domaines. Ils sont trop importants pour les laisser encore dériver. L’égalité des chances, mise à mal, est un combat à réinvestir. Il en est ainsi, entre autre, des inégalités de revenus, de l’inégalité d’accès à la culture, à l’emploi, au logement. Ils sont autant de problèmes qui nécessitent en priorité d’être connus par des informations objectives et débattus de manière sereine dans un esprit constructif. Ce préalable nécessaire s’accordera à voir dans l’éducation un des principaux domaines d’intervention prioritaire de la puissance publique. Le niveau de diplôme est en effet de plus en plus déterminant dans ces domaines, et il est urgent de bâtir une politique cohérente et pérenne pour l’éducation générale et la formation professionnelle. De même, l’égalité des droits est une nécessité à réaffirmer en particulier entre hommes et femmes. Enfin, le manque d’indépendance et de moyens dans le fonctionnement de la justice en France la pénalise grandement, et nous, citoyens, en sont les premières victimes. Les conflits d’intérêts de moins en moins acceptables entre monde politique et monde économique appellent à une indépendance du procureur qu’une réforme constitutionnelle doit acter. Enfin la complexité du droit, la lenteur des procédures, tout cela  nuit aux justiciables et au développement des entreprises et doit être combattu.

VII. S’unir pour un meilleur équilibre entre démocratie représentative et démocratie directe.

C’est au nom du peuple que le législateur formule l’intérêt général. L’abbé Siéyès, à la Révolution tenait le peuple pour incapable de le formuler, car il ne lui en reconnaissait ni la faculté ni le loisir. Aujourd’hui, il est devenu indispensable que nous nous réapproprions cette notion, base de notre droit public. Nous devons surtout défendre la possibilité de nous exprimer à la fois de manière indirecte par la voie du parlement et de manière directe par voie de référendum. Or le Parlement pourrait très bien annuler cette voie, ce qui nous priverait d’une liberté fondamentale dans notre Constitution.

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